Un Halicte et une carduacée s'aimaient d'amour tendre

par Les insectiflores

publié dans Hyménoptère

Un Halicte et une carduacée s'aimaient d'amour tendre

Voici un représentant de la trentaine d'espèces du genre Halictus vivant en France. Cet individu appartient au sous-genre des Halictes vrais dont la taille est comprise entre 10 et 17 mm. Les Halictidae sont dotés d'une langue courte ne dépassant pas 3-4 mm. Cette caractéristique les prédestine à butiner les fleurs à corolle plate et pétales libres où les nectaires sont aisément accessibles, l'extraction du nectar s'en trouvant facilitée.

Pourtant, l'halicte butine un capitule d'Echinops réunissant des fleurons tubulaires étroits et profonds ! Cette abeille montre d'ailleurs une prédilection pour les Carduacées (de carduus, chardon en latin) qui regroupent des plantes dont les fleurs appelées fleurons sont réunis en capitule globuleux. Le nectar et le pollen ne sont en théorie accessibles qu'aux seuls butineurs dotés d'une langue longue ou d'une trompe comme le papillon.

Comment expliquer qu'un mutualisme entre notre abeille à courte langue et les carduacées ait pu voir le jour ?

Les carduacées atteindront leur pic de floraison en juillet au moment où chaleurs et sécheresses estivales affectent la production en nectar des plantes appartenant à d'autres groupes. En effet, malgré les rigueurs estivales, les 'chardons' dispensent nectar et pollen en abondance. Les carduacées constituent donc une source alimentaire incontournable durant l'été lorsque les ressources en nourritures disponibles viennent à se raréfier.

 

Pour butiner l'Echinops, l'halicte va forcer le fleuron à s'ouvrir de manière à accéder au nectar. L'abeille compense la petitesse de sa langue par sa persévérance. C'est ainsi qu'une abeille à langue courte a pu développer un mutualisme avec un groupe botanique, les carduacées.

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