L'Éristale : un syrphe à la langue bien pendue

par Les insectiflores

publié dans Diptère

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Ce diptère n'adopte pas la livrée zonée noire et jaune caractéristique de certains syrphes tels l'Éristale des fleurs (Myathropa florea), la Volucelle ou l'Hélophile suspendu (Helophilus pendulus). De plus, les larves de notre éristale, à l'inverse notamment de celles du Syrphe du poirier, ne sont pas prédatrices de pucerons. Faut-il alors se résigner à considérer l'éristale comme un auxiliaire d'intérêt secondaire ? Et pourtant...

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André POUVREAU nous apprend, dans Les Insectes pollinisateurs (Ed. Delachaux et Niestlé), que l'appareil buccal de l'Éristale présente une trompe (labium) longue. De plus, ce labium se termine par de petites labelles ('éponges') aux poils courts. Chez la plupart des syrphidés, le labium est  court et épais avec des labelles larges. 

Ces caractéristiques donnent un avantage à l'Éristale sur les mouches à langue courte. Là où ces dernières doivent se contenter de fleurs à nectaires accessibles, l'Éristale est adapté à l'exploitation du nectar au fond de corolles étroites. Il est qualifié de polylectique en raison de  cette faculté à visiter plusieurs types de fleurs que leurs nectaires soient profonds ou, au contraire, bien exposés. Rivalisant alors avec les butineurs de haut-vol, tels l'abeille ou le bourdon, l'Éristale se signale par son comportement de butinage à la fois plus précis et plus constant que chez les autre syrphes.  

Grace à sa 'langue' bien pendue, l'Éristale, ou plutôt la quinzaine d'espèces d'éristales connues en France, est un excellent butineur et compte au nombre des meilleurs pollinisateurs.

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